Distance minimale de 5 mètres entre les habitations et les zones d’épandage de pesticides

Le gouvernement vient de proposer de fixer une distance minimale de 5 mètres entre les habitations et les zones d’épandage de produits phytosanitaires agricoles. Une ineptie pour Edmond Leduc. Ce médecin du travail à la retraite a fait des pesticides son cheval de bataille.

Depuis 38 ans, il habite à côté d’un champ, à Roncq. Un cadre de vie tranquille qui s’est transformé en cauchemar lorsqu’en 2014, le retraité s’est aperçu de la pollution qu’avait engendrée l’utilisation des pesticides sur son terrain : « Les feuilles des arbustes sont devenues toutes jaunes ».

Malgré le déni de l’agriculteur, Edmond Leduc, soutenu par ses voisins, réalise des analyses qu’il fait constater par un huissier. Le bilan ? Huit pesticides et un fongicide sont retrouvés dans les végétaux. La pollution est finalement actée par la Direction Régionale d’Agriculture et le tribunal leur donne raison en 2018. Mais le répit est de courte durée, car le médecin apprend deux mois plus tard qu’il est atteint d’un lymphome non hodgkinien, un cancer récurrent chez les agriculteurs et qu’il attribue à l’utilisation de ces pesticides. Le médecin co-fond alors le Collectif des victimes des pesticides des Hauts-de-France et se spécialise sur le sujet.

La proposition du gouvernement offusque donc le Roncquois : « Pour moi, c’est presque une provocation. Ces distances sont évidemment insuffisantes. » Lundi, Edmond Leduc a décidé d’écrire au ministre de l’Agriculture pour qu’il prenne en compte la situation sanitaire spécifique des riverains de parcelles agricoles traitées par les pesticides, documents à l’appui. Il espère une réponse…

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